Un si petit oiseau de Marie Pavlenko

 

Abigaël est une adolescente comme les autres et travaille dur pour préparer le concours de vétérinaire. A presque 20 ans, cette jeune fille à l’avenir devant elle, n’est-ce pas ce qui est pensé par la plupart des jeunes de son âge ?

Suite à un accident de voiture, Abi voit sa vie s’arrêter du jour au lendemain et tous ses projets sont anéantis. En plus de sa léthargie, sa situation affecte également les autres membres de sa famille, que ce soit ses parents ou sa petite sœur Millie. Malgré le soutient de sa famille et de ses proches, Abi est perdue et au plus mal. Mais elle va apprendre à sortir peu à peu du brouillard où elle se trouve pour envisager les possibilités qui s’offrent à elle avec sa nouvelle situation. L’histoire de cette famille est très bien décrite car elle montre que chacun vit l’handicap de la jeune femme à sa manière. La vie continue pour les proches et il n’est pas toujours évident pour la famille de faire avec, surtout pour la jeune sœur Millie qui aimerait, elle, continuer à vivre sa vie.

Ce roman évoque le sujet délicat qu’est le handicap qui peut survenir au cours d’une vie. Contrairement à celui de naissance, auquel on s’habitue et avec lequel on vit, celui qui survient à un moment donné est traumatisant et difficile car il y a un avant et un après.  Il décrit également l’importance de l’entourage pour soutenir une personne qui est au plus bas ou dans une mauvaise phase. La figure de la tante, Colline, est une véritable bouffée d’air frais pour Abi et sa rencontre fortuite avec Aurèle, un ancien camarade de primaire, va l’aider à avancer. Il est aussi question de la manière dont chacun vit ses blessures. Les pertes sont difficiles mais peuvent être surmontées avec le temps, du courage et un bon accompagnement.

Une mention spéciale pour le rôle des livres ou témoignages dans la phase de guérison. On y pense rarement mais une lecture adéquate peut aider à aller de l’avant. Le livre qui  a joué un rôle dans la reconstruction d’Abi est l’œuvre de Blaise Cendrars, qui lui aussi a perdu une main lors de la Première Guerre Mondiale.

Malgré le sujet fort et émouvant, le roman se lit d’une traite et on s’attache rapidement à tous les personnages. Il a aussi une visée plus général, celui de développer sa singularité car au final, que signifie l’expression « être comme les autres » ?

Minouchka 

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